Margelles de piscine : pierre naturelle ou reconstituée ?
Construction piscine

Margelles de piscine : pierre naturelle ou reconstituée ?

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Une margelle de piscine en pierre naturelle, calcaire, travertin ou granit, apporte un grain et une patine qu’aucune pièce moulée n’imite, pourvu que la roche soit non gélive et entretenue sans acide. La pierre reconstituée offre des éléments réguliers, simples à poser et à remplacer. En Saône-et-Loire, la tenue au gel tranche d’abord.

Ce que la margelle de piscine fait en tête de bassin

D’après la norme de terminologie reprise par la Fédération des Professionnels de la Piscine, la margelle est un élément rapporté et indépendant qui borde le haut de la paroi, sur tout ou partie du pourtour. La fédération lui prête quatre missions :

  • retenir les eaux de ruissellement, chargées de terre ou d’herbe coupée, avant qu’elles ne gagnent le bassin ;
  • casser les vaguelettes, qui meurent sous le débord au lieu d’éclabousser la plage ;
  • offrir une prise aux mains et un appui aux pieds pour entrer et sortir ;
  • finir le bassin en habillant la tête de mur et le haut du revêtement.

Ce dernier rôle touche à l’étanchéité. La margelle couvre la jonction la plus exposée, là où le revêtement s’arrête et où pluie et gel attaquent la maçonnerie. Posée en légère pente vers le jardin, sur un lit de mortier plein, elle renvoie l’eau loin de l’arase ; mal calée, elle la guide derrière le revêtement. La fédération range ces pièces en trois familles : matériaux naturels comme le bois ou la pierre, matériaux reconstitués et béton.

Calcaire, travertin, granit : trois pierres, trois caractères

Le calcaire, la pierre du pays

Roche sédimentaire faite surtout de carbonate de calcium, le calcaire va de la pierre tendre et poreuse à la pierre dure presque marbrière. Les margelles en pierre calcaire claire répondent naturellement au bâti bourguignon, mais le nom seul ne dit rien de la tenue : deux calcaires de même teinte réagissent à l’opposé sous le gel. Toute la famille craint l’acide, qui ternit puis creuse la surface, qu’il vienne d’un détartrant ou d’un correcteur de pH renversé.

Le travertin, la pierre à vacuoles

Calcaire continental déposé par des eaux de source, le travertin se reconnaît à ses petites cavités irrégulières. L’encyclopédie Wikipédia le décrit comme résistant aux chocs, au gel et à l’usure, et note qu’il n’accumule pas la chaleur. Les margelles en travertin existent à vacuoles ouvertes, au rendu rustique, ou rebouchées, plus lisses et plus simples à nettoyer.

Le granit, la pierre dure

Roche magmatique de quartz, de feldspaths et de micas, le granit compte parmi les pierres les plus dures employées en dallage. Compact, il craint en général moins le gel que les pierres poreuses. Poli, il devient glissant : une finition flammée, bouchardée ou sablée lui rend du grain. Ses teintes sombres chauffent vite au soleil d’août.

Pour ces trois roches, la fiche technique en dit plus que l’appellation. Selon les références de l’AFNOR relues le 21 octobre 2026, les dalles de pierre naturelle pour pavage extérieur relèvent de la norme NF EN 1341, la résistance au gel se mesure selon la méthode NF EN 12371, et la norme NF B10-601 encadre l’emploi des pierres selon leur destination.

Travertin beige à vacuoles et granit gris flammé, deux margelles à nez arrondi posées sur un établi en bois

Pierre reconstituée et béton moulé, la régularité en série

La pierre reconstituée naît d’un moulage : granulats ou poudre de pierre, liés par un liant et coulés dans un moule qui donne à chaque élément la même épaisseur, le même nez et la même teinte. Ses atouts tiennent à cette fabrication :

  • des cotes constantes, qui facilitent l’alignement du nez et des joints ;
  • des pièces spéciales prêtes à poser, angles sortants et rentrants, éléments cintrés ;
  • un remplacement simple, tant que la gamme reste fabriquée.

Plus ou moins poreuse selon la formule, sa surface peut se tacher ou se patiner de façon inégale. La margelle en béton, moulée en atelier ou coulée en place, en reprend la logique avec un aspect plus brut, prisé des dessins contemporains ; pour les dalles de plage assorties, la norme NF EN 1339 fixe les prescriptions des dalles en béton.

Composite, bois ou grès cérame : sortir de la pierre

Mélange de fibres de bois et de résines thermoplastiques, le composite se décline en pièces de bordure assorties à une terrasse du même matériau. Il ne pourrit pas et ne lève pas d’échardes, mais ses teintes foncées chauffent vite et il travaille avec la température : les jeux de pose de la notice se respectent à la lettre.

Le bois dense ou traité à haute température prolonge naturellement une plage en lames. Il réclame une essence adaptée à l’eau, une visserie inox et un entretien suivi. Un nez soigneusement poncé épargne la paume : la fédération rappelle qu’un revêtement de plage doit rester sans échardes.

Pressé puis cuit au four, le grès cérame est présenté par Wikipédia comme non gélif. Sa masse dense se nettoie sans peine et se décline en pièces de margelle à nez moulé, imitant la pierre ou le bois, assorties aux carreaux de la plage. Une finition structurée et une pose collée par un carreleur habitué aux extérieurs complètent le choix.

Pied nu, soleil et gel : les critères qui départagent

La glissance sous un pied mouillé

La norme européenne NF EN 16165, d’octobre 2021, regroupe les méthodes d’évaluation de la glissance des surfaces piétonnières, tandis que l’ancien classement français XP P05-011 figure comme annulé au catalogue de l’AFNOR. Plutôt qu’un adjectif de brochure, le résultat d’essai pieds nus en zone mouillée se demande au fournisseur. Finitions vieillies, sablées ou flammées accrochent ; les finitions polies n’ont rien à faire au bord de l’eau.

La chaleur sous le pied

Un revêtement de plage ne doit pas trop emmagasiner de chaleur, insiste la fédération. Les teintes claires restent tièdes là où une pierre anthracite ou un composite brun deviennent pénibles à traverser en juillet. Le test parlant se fait sur place : deux pièces au soleil, une main posée à plat au moment le plus chaud.

Le gel des hivers bourguignons

En Saône-et-Loire, les hivers alternent gelées et redoux, et la margelle encaisse ces cycles en première ligne. Le mécanisme de la gélivité, décrit par Wikipédia, tient en une image : l’eau logée dans les pores gèle, gonfle et agit comme un coin qui ouvre la pierre. Trois réflexes limitent le risque :

  • choisir une pierre non gélive, résultat d’essai NF EN 12371 à l’appui ;
  • poser sur un lit de mortier plein, sans vide où l’eau stagne ;
  • contrôler les joints au sortir de l’hiver, en complément des gestes de l’hivernage du bassin en Saône-et-Loire.

Rangée de margelles en pierre reconstituée blanc cassé à nez droit couvertes de givre au lever du jour

Un entretien à la mesure du matériau

Calcaire et travertin se lavent à l’eau claire, à la brosse souple et au savon neutre, jamais au produit acide. Un traitement hydrofuge et oléofuge limite les taches de crème solaire et de lichens sur les pierres poreuses. Sur un bassin traité au sel, un rinçage des margelles en fin de saison évite que le sel ne cristallise dans les pores : les anciens essais de gélivité imitaient le gel par cette cristallisation.

Nez arrondi ou nez droit : la forme qui se touche

Le nez désigne l’avant de la margelle, la partie qui surplombe l’eau et que saisissent les mains :

  • en demi-rond ou en quart de rond, le nez arrondi adoucit le contact des bras à la sortie et accompagne les bassins classiques ;
  • à arête légèrement cassée, le nez droit trace une ligne tendue, en accord avec les plages en grandes dalles ;
  • avec talon, la margelle porte sous le nez une retombée qui masque le haut de la paroi et, selon les cas, le rail d’accroche du liner ;
  • plate, elle se fond dans un dallage de même pierre, au prix d’une prise moins franche.

Le débord au-dessus de l’eau compte aussi : trop court, il laisse les vaguelettes frapper la paroi ; trop long, il fragilise la pièce en porte-à-faux. Aux angles, des pièces dédiées ou des coupes d’onglet évitent les petits morceaux recoupés, toujours les premiers à se desceller.

Poser les margelles sur mortier, étape par étape

La pose intervient une fois la tête de mur arasée, l’étanchéité terminée et, le cas échéant, le rail d’accroche du revêtement fixé. Pour une plage scellée, les règles de pose relèvent du NF DTU 52.1, version de février 2020 en vigueur d’après l’AFNOR ; pour les margelles, chaque gamme précise son mortier. L’ordre du chantier :

  1. présenter les pièces à sec, en partant des angles, pour reporter les coupes sur les grands côtés ;
  2. humidifier l’arase, puis étaler un lit de mortier plein, sans poche d’air ;
  3. poser chaque margelle en légère pente vers le jardin, la caler au maillet en caoutchouc et suivre le nez au cordeau ;
  4. garder un joint régulier, plus fin pour la pierre reconstituée que pour une pierre naturelle aux cotes variables ;
  5. jointoyer avec un mortier prévu pour les zones mouillées et retirer aussitôt la laitance ;
  6. laisser durcir à l’abri du gel et du plein soleil avant la mise en eau.

Le grès cérame, lui, se colle au mortier-colle en double encollage. Une pose réussie se lit de loin : nez rectiligne, joints constants, aucune pièce qui sonne creux.

Mains gantées posant une margelle en pierre reconstituée beige clair sur un lit de mortier frais

Raccorder la margelle à la plage sans point faible

La norme de terminologie citée par la fédération définit aussi la plage, surface aménagée contiguë au bassin. Margelle et plage ne travaillent pas pareil : la première repose sur la tête de mur, la plage sur un sol qui gonfle et se rétracte, surtout sur les argiles de Bresse. Un joint souple entre elles encaisse ces mouvements, là où un joint rigide finit par se fissurer.

Une plage dans la même pierre agrandit visuellement le bassin ; un contraste franc souligne le contour de l’eau. Dans les deux cas, la plage garde une pente qui éloigne l’eau, et ses dalles arrivent au niveau de l’arrière de la margelle, sans ressaut où buter pieds nus.

L’emplacement des poteaux de barrière, des ancrages de couverture ou de l’alarme se réserve avant le dallage, pour ne pas percer une margelle neuve : chacun des quatre dispositifs de sécurité normalisés a ses exigences. Sur un bassin ancien, des margelles qui sonnent creux trahissent un lit de pose fatigué, et leur reprise trouve sa place dans la remise en état d’une piscine vieillissante.

Prochaine étape : réunir une pièce de chaque matériau retenu, la laisser une journée au soleil près du futur bassin, l’arroser, puis la parcourir pieds nus et la saisir à pleine main comme pour sortir de l’eau. La margelle qui passe ces deux épreuves est la bonne.

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